Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Communiqué de presse : les enjeux rééls d'une pénurie d'eau annoncée

23 Mai 2011 , Rédigé par I. NAROLLES FOLIARD LE GAL Publié dans #PROBLEME DE L'EAU, #REVUE DE PRESSE

OF-25-05-2011.jpgAdressé le 23 mai 2011 à la rédaction de Ouest-France

LES ENJEUX REELS D’UNE PENURIE D’EAU ANNONCEE

 

Le Conseil de Développement du Sud Vendée s’interroge sur la situation de l’eau dans notre territoire.

Le retour très précoce des oiseaux migrateurs et l’éclosion du muguet avant 15 avril annonçaient déjà une arrivée prématurée de la chaleur et de la sécheresse estivales.

Un constat :

- Depuis un an, le déficit des précipitations atteint jusqu'à 40 % dans le Sud-Est vendéen.

- L’arrosage des grandes cultures de blé a commencé cette année plus tôt et plus intensément. Il en résulte des débits très faibles dans les cours d'eau, un niveau de nappe plus bas qu'à l'habitude et un taux de remplissage global des retenues destinées à la production d'eau potable insuffisant.

- En Vendée, la ressource pour l’eau potable provient à 93% de barrages en raison d’une répartition hétérogène des nappes souterraines et de leur affectation prioritaire à l’irrigation, et en l’absence de grands cours d’eau. Alors que sur l’ensemble de la France, c’est seulement 40% de l’eau potable qui est produite à partir des eaux de surface."

- Les nappes communiquent avec les eaux de surface en de nombreux endroits, de sorte que le vidage des nappes entraîne le vidage des rivières, Autise, Longèves et Vendée en particulier. Au final ce sont les barrages qui ont le rôle de réalimenter les rivières et les canaux dans les périodes dites d’étiage sous réserve de conditions météorologiques favorables.

- L’interconnexion du réseau sur l’ensemble du département soulage ici ou là mais ne règle pas l’insuffisance globale de la ressource.

- Les deux activités principales de notre territoire que sont le tourisme et l’agriculture céréalière sont menacées par l’insuffisance des ressources en eau. Cette année s’annonce plus difficile encore que les précédentes. On annonce en une sécheresse aussi importante qu’en 1976.

Des évolutions profondes ont changé la donne depuis l’année de référence 1976 :

Actuellement, les mêmes conditions climatiques seront beaucoup plus difficiles à supporter qu’il y a 35 ans. Pourquoi ?

- La population vendéenne a connu une progression de près de 40%, et beaucoup plus encore pendant la période estivale. Il en résulte une forte augmentation forte des besoins en eau potable, en toutes saisons.

- Les zones humides et les prairies naturelles ont été réduites de beaucoup par l’emprise de plus en plus importante de l’urbanisme et les cultures céréalières. Le drainage des terres agricoles du marais a contribué à l’assèchement des sols. Ces facteurs ont réduit les réserves naturelles et l’humidité globale des sols.

- La culture du maïs qui est la plus exigeante en arrosage s’est développée.

Ainsi dans le contexte actuel, c’est à l’époque où les pluies sont les moins abondantes, voire inexistantes, que notre département enregistre sa plus forte consommation en eau.

Des conséquences :

- Après l’été, c’est plusieurs mois qui sont nécessaires pour la recharge des réserves, et au total, c’est pendant 9 mois de l’année que nous subissons la pénurie d’eau.

- L’environnement se dégrade, les zones humides se dessèchent, la biodiversité recule, la qualité de vie baisse, l’attractivité touristique de notre Sud Vendée en souffre, l’économie locale est affaiblie.

Des mesures :  

- Les restrictions prises par un récent arrêté préfectoral.

- La gestion de l’eau, après de longues concertations entre tous les acteurs du territoire, est encadrée par les Schémas d’Aménagement et de Gestion de l’Eau, les SAGE, qui entrent en vigueur depuis cette année. (à consulter sur www.eau-loire-bretagne.fr)

- Les réserves de substitution, dites « bassines », sont ou seront mises en place pour faciliter les arrosages des cultures.

La conclusion du Conseil de Développement du Territoire du Sud Vendée :

Agriculture céréalière et tourisme du littoral à la fois causes et victimes de la pénurie ? Il convient aujourd'hui de répondre d'abord aux besoins.

Dès cette année, seul un engagement réel, dans l'application de ces mesures de sauvegarde, de tous les utilisateurs vendéens et en particulier des céréaliers et des professionnels du tourisme, pourra démontrer l'efficacité des consignes préconisées.

Souhaitons qu'il en soit ainsi...  

Partager cet article

Commenter cet article